Quand votre équipe marque un but, vous flippez les cinq minutes qui suivent car vous savez que les joueurs sont déconcentrés et que c'est à ce moment-là qu'ils ont le plus de chances d'en prendre un”. Idée
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n°1

Survollez pour voir la réalité

Inutile : c’est dans la période qui suit l’ouverture du score que l’égalisation a le moins de risque d’arriver.

Deux chercheurs d’une université londonienne ont analysé 127 matches de Premier League s’étant terminé sur un match nul 1-1. Après l'ouverture du score, ils ont divisé le temps de jeu restant en quatre parties. Une fois sur trois, l'égalisation est arrivée dans la dernière de ces quatre périodes. Dans 16% des cas seulement dans les minutes qui suivent le premier but.

Quand votre équipe obtient un corner, vous serrez les poings comme s'il s'agissait d'une réelle occasion de but. Au stade, vous gueulez quand le tireur de corner s'approche du poteau”. Idée
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n°2

Survollez pour voir la réalité

Calmez-vous : il y a très peu de chances qu’un corner provoque un but pour votre équipe.

Le nombre de buts marqués n’augmente pas avec le nombre de corners, selon 134 matches de Premier League analysés en 2010-11. D’ailleurs, 80% des corners n’aboutissent même pas à un tir au but. Et sur ce rare tir au but né d’un corner, seulement 1 sur 9 atterrit dans les filets adverses. Au total donc, un corner amène 0,022 but. Sur 50 fois où vous pousserez derrière votre équipe sur un corner, vous n’aurez qu’une fois l’occasion d’exulter.

Quand votre équipe domine sans marquer, vous dites 'ils ne frappent pas'. D'ailleurs quand un joueur reçoit la balle aux 20 mètres, vous criez 'boum' pour l'encourager”. Idée
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n°3

Survollez pour voir la réalité

Laissez-les faire : tirer davantage au but n’augmente pas vraiment les chances de gagner.

Sur tous les matches des quatre grands championnats (Espagne, Angleterre, Italie, Allemagne) de 2005 à 2011, l’équipe qui a tiré le plus s’est imposé moins d’une fois sur deux (entre 45 et 49% de victoires selon le championnat). Comme quoi dominer n’est vraiment pas gagner. La proportion augmente légèrement si l’on retient seulement les tirs cadrés, passant de 50 à 58% de victoires selon le pays.

En regardant la Ligue 1, vous vous désolez des tactiques défensives en marmonnant que “pour gagner, il faut marquer un but”. Idée
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n°4

Survollez pour voir la réalité

Changez de disque : marquer un but rapporte beaucoup moins que ne pas en prendre.

Sur une décennie de matches de Premier League (2001-2011), un match sans but encaissé (“clean sheet”) rapporte 2,5 points. Alors qu’un but marqué rapporte à peine plus d’1 point. Encaissez un seul but, et vous récolterez en moyenne 1,5 point, soit 30% de plus. Pour gagner autant de points qu’avec un “clean sheet”, une équipe doit marquer plus de deux buts. Les buts que vous ne voyez pas rapportent plus que ceux que vous applaudissez.

Vous êtes persuadé que la France n'a aucune chance à la coupe du monde parce qu'il lui manque une star. Idée
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n°5

Survollez pour voir la réalité

Rassurez-vous : le baromètre de l’équipe, ce n’est pas sa star, c’est son plus mauvais joueur.

En se basant sur un indice de performances (le Castrol performance index)et en appliquant une analyse statistique de régression, les auteurs ont déterminé que les résultats d'un club étaient liés davantage aux performances de son meilleur joueur ou de son 11è meilleur joueur (le plus mauvais titulaire, donc). Sur la saison 2010-11, une progression de la star de l'équipe aurait rapporté 5 points de plus au classement en moyenne. Mais si le maillon faible avait progressé dans les mêmes proportions (en recrutant un autre joueur, par exemple), l'équipe aurait marqué 9 points de plus.

Quand votre équipe marque un but, vous flippez les cinq minutes qui suivent car vous savez que les joueurs sont déconcentrés et que c'est à ce moment-là qu'ils ont le plus de chances d'en prendre un”. Idée
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n°6

Survollez pour voir la réalité

Désolé de vous décevoir : ce sera une heure de foot environ.

Selon les statisticiens d’Opta Sports, le temps de jeu effectif dans les 4 championnats majeurs en 2010/11 était de 61 minutes en Espagne et Allemagne, 62 en Angleterre et 65 en Italie. Lorsque vous regardez un match de NBA, vous êtes sûr de voir 48 minutes de basket. Certains clubs s’ingénient à ce que le ballon soit le moins possible en jeu, comme Stoke et ses 58,5 minutes, soit huit minutes de moins que Manchester United. C’est énorme.

Quand votre équipe marque un but, vous flippez les cinq minutes qui suivent car vous savez que les joueurs sont déconcentrés et que c'est à ce moment-là qu'ils ont le plus de chances d'en prendre un”. Idée
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n°7

Survollez pour voir la réalité

Vous avez tort : le premier changement doit intervenir avant la 58è minute.

Ancien joueur et professeur dans une université américaine, Bret Myers a analysé des matches de 4 grands championnats et de la Coupe du monde. Selon lui, une majorité des premiers changements ont lieu entre la 56e et la 65e minute. Son étude lui permet de dire que lorsqu’une équipe perd, ses remplacements sont plus efficaces s’ils interviennent avant la 58è minute pour le premier, la 73è pour le deuxième et la 79è minute pour le troisième. Lorsqu’elles respectent ce schéma, les équipes reviennent beaucoup plus souvent au score (dans 52% des cas en Serie A, contre 18% si les remplacement sont plus tardifs).